Les zoonoses, parlons-en. Et levons le voile sur la réalité que recouvre ce mot

Fred est un inconditionnel des réseaux sociaux. Pour cet autodidacte qui s’abreuve de « connaissances » au travers des buzz et des nouvelles souvent alarmistes, il n’aime pas que les propos de ceux qu’il suit soient remis en question. Loin de là,pour Fred,tous ceux qui ne partagent pas ce point de vue sont des complotistes. À la question de savoir s’il sait à quoi le mot « zoonoses » refere, il roule des yeux, et se mue dans un certain silence.
Il était une fois…
D’après l’Organisation mondiale de la santé(OMS), 60% des maladies infectieuses humaines sont zoonotiques.Une zoonose est une maladie qui se transmet de l’animal à l’homme et de l’homme à l’animal. Et on en distingue d’ailleurs quatre grands types:
• les zoonoses bactériennes,
• les zoonoses virales,
• les zoonoses parasitaires,
• les zoonoses mycosiques
En avril 2014,le Programme National de Lutte contre les Zoonoses Emergentes et Ré-Emergentes (PNPLZER) a vu le jour. Événement de santé publique,la zoonose a requis l’attention du gouvernement qui a décidé de donner la priorité à certaines d’entre elles et d’adopter des stratégies pour gérer efficacement celles-ci. Ainsi, des 10 zoonoses prioritaires au Cameroun, nous pouvons citer :La grippe aviaire, la rage,la salmonellose, la variole du singe,la fièvre à virus Ebola, la fièvre de lassa, l’anthrax, la tuberculose, la trypanosomiase,la brucellose. Celles-ci ont eu à bénéficier de suivis du gouvernement pour lever les mythes qui entourent souvent des questions de santé.

Les zoonoses : De A à Z
Les chiffres sont fort évocateurs et parlants :3 nouvelles maladies sur 4 découvertes par les médecins chez l’homme sont transmises par les animaux. Et à chaque fois qu’une urgence sanitaire est déclarée, on constate que le temps pour les professionnels de la santé d’impulser une ligne de conduite, l’information a déjà pris une autre proportion. Aussitôt signalé, un cas de santé est vite relayé sur les réseaux sociaux par des individus qui ont vite fait d’envenimer les faits, la plupart du temps sans aucune preuve, rendant par ricochet difficile le travail des experts car le public cible, inondé à longueur de journée par des informations alarmistes et bien souvent tronquées a tôt fait de se réfugier dans ces lieux. La preuve avec la pandémie COVID 19. Au delà du fait que plusieurs acteurs de la toile avaient poussé le public à une certaine méfiance vis à vis du vaccin, on a également assisté au Cameroun à la propagation de fausses nouvelles,qui pire que la maladie a fait beaucoup de victimes. Et pas des moindres.
Partagé entre la communication gouvernementale et celle d’en face alarmiste, le public ne savait plus à quel saint se vouer, même si les points de presse et autres communiqués constants du ministère de la Santé pour sensibiliser, informer et éduquer ne manquaient pas. Fort heureusement, le constat a vite été fait par la population sur le fait qu’on ne fait pas le buzz sur les questions de santé. En accentuant la communication sur les risques sanitaires et la rencontre avec les spécialistes de la communication, on a pu endiguer le phénomène et de nombreuses personnes ont été sensibilisées et conscientisées. Résultat des courses :la santé est un bien précieux. Et il faut en prendre soin.
Et demain…?
Après la grippe aviaire et ses lourdes conséquences suivie de la COVID 19 dont les conséquences ont été encore plus lourdes sans oublier la variole du singe dont on a parlé il ya peu,la gestion de la santé en général et des zoonoses en particulier au Cameroun a connu une nouvelle orientation :impliquer tous les acteurs de la chaîne, des décideurs aux hommes de médias tant classiques que digitaux. Même si celà n’a pas été évident, le Cameroun s’est doté d’une batterie de mesures pour pouvoir gérer l’alerte de santé et contrer efficacement les mauvaises nouvelles. Ceci a été rendu possible grâce à l’apport des ministères impliqués, mais aussi des organismes tant nationaux qu’internationaux pour en symbiose dire: il est temps de parler d’une seule voix,il est temps de parler d’une seule ONE HEALTH !
Joe Firmin