On nous apprend à baisser les yeux, à cacher nos douleurs, à chuchoter quand il s’agit de règles. Pourtant, pour beaucoup de jeunes filles, la première fois qu’elles saignent n’est pas seulement un événement biologique : c’est un bouleversement, un choc, un secret. Dans cette chronique intime, je partage ce moment si particulier où tout a commencé pour moi — entre ignorance, précarité, peur et, finalement, acceptation. Parce que nos corps méritent d’être compris, respectés et célébrés.

Je me souviens encore de ce matin-là. J’avais à peine 13 ans. Je me suis réveillée avec une étrange sensation, un petit malaise entre les jambes. En me levant, j’ai vu les tâches rouges sur mon drap. Mon cœur a raté un battement. Était-ce une maladie ? Une malédiction ? On m’avait toujours parlé des règles en chuchotant, comme d’un fardeau honteux, un truc sale, à cacher.
J’ai paniqué. J’ai caché mon sous-vêtement. Je n’ai rien dit à maman. Je n’osais pas. À l’école, j’ai demandé une serviette à une camarade. Elle a ri doucement : « Bienvenue dans la galère. » C’est là que j’ai compris que la précarité menstruelle n’était pas un mythe. Une serviette était un luxe. J’ai commencé à improviser, à me débrouiller avec du tissu, du papier, n’importe quoi.
Pendant longtemps, j’ai ressenti de la honte. Honte de demander. Honte de saigner. Honte d’être fille. Ce n’est qu’en terminale que j’ai osé parler. À une prof, puis à mon petit ami. Lui, il a écouté. Il a compris. Il a acheté des serviettes pour moi, sans faire de blagues. Il m’a fait comprendre que mon corps n’était pas un ennemi.
Aujourd’hui, je suis une femme. Je connais mon cycle. J’écoute mon corps. Et je parle. Je parle aux jeunes filles, à mes nièces, aux élèves lors des sensibilisations. Je leur dis que les règles, ce n’est pas une punition. C’est la vie.
À vous les hommes, les garçons : soyez présents. Ne jugez pas. Soutenez. Comme l’a fait mon fiancé. Grâce à lui, j’ai compris que je n’avais pas à me battre seule.
PENELOPE













