Célébrée le 19 juin de chaque année, la drépanocytose encore appelée anémie falciforme, fait quelques 4000 morts chaque année au Cameroun, et sur 200 000 drépanocytaires, la moitié meurt avant l’âge de 5 ans. Etant une maladie génétique inguérissable, les drépanocytaires se battent au quotidien à déjouer les pronostics et à rallonger leur espérance de vie malgré les exigences de la maladie.
Joe Firmin
A 50 ans, Paul est médecin de formation, marié, père de trois enfants,…et drépanocytaire. Incroyable et pourtant vrai. L’âge fatal largement dépassé, il est la preuve vivante qu’il est possible de réaliser de grandes choses malgré la maladie. Aurélie quant à elle, à 28 ans, a décidé de prêter sa plume à la prévention et la sensibilisation contre le mal qui la ronge, et qui va grandissant. Ces deux profils ont décidé de surpasser leurs limites que d’autres voient comme un handicap.

Pour Paul, le combat difficile a vite trouvé sa solution : l’eau. Le médecin quinquagénaire, nous révèle que le liquide vital lui aurait sauvé la vie depuis son jeune âge. Il confie : « Je ne blague pas avec l’eau. Car elle permet aux globules rouges d’avoir une meilleure forme et par ricochet permet une bonne circulation du sang en limitant la coagulation du sang en limitant sa coagulation ». Il rajoute : « boire régulièrement de l’eau et de manière constante est l’un des secrets de la longévité des drépanocytaires, dans la mesure où, celle-ci facilite non seulement la circulation du sang mais permet un meilleur suivi de la maladie. » il révèle également « consommer environ trois litres d’eau au minimum par jour ». le secret dévoilé, le combat s’oriente mieux.
Il est en effet prouvé que les drépanocytaires doivent boire beaucoup d’eau, pour avoir un apport suffisant en eau et faire face aux fortes chaleurs qui peuvent entrainer la déshydratation. Cet apport en eau peut par conséquent leur éviter la survenue de crises vaso-occlusives.
De nos jours, la sensibilisation reste, de l’avis des experts, le meilleur moyen de réduire le taux de drépanocytaires. Consciente de cet état de fait, Aurélie en a fait son cheval de bataille. La jeune écrivaine redonne espoir à tous ceux qui comme elle côtoient au quotidien, le spectre de la mort par la force des mots. Aussi s’inspire-t-elle de ses douleurs, ses peines et surtout de son quotidien pour faire comprendre au monde que la maladie n’est pas seulement physique mais également psychologique. Et pour cause, le rejet et l’incompréhension de l’entourage. A côté, l’espérance de vie faible des personnes vivant avec la drépanocytose. Aurélie s’est donnée pour mission de briser le mythe de la mort précoce. « J’ai juré d’être éternelle », déclare la jeune fille qui ne veut pas baisser les bras face à la douleur liée à la maladie, car « la vie est un combat dont seuls les persévérants s’en sortent victorieux ».

Le Cameroun est résolument engagé dans le combat contre la maladie, car face à son ampleur, et au fait que c’est environ 6000 naissances de bébés drépanocytaires enregistrés chaque année et que 50 à 75% décèdent avant l’âge de 5 ans, en l’absence d’une prise en charge adaptée décèdent le plus souvent, il était urgent d’agir. Aussi, L’Iecd, l’Afd et la Fondation Pierre Fabre ont décidé dès 2014 de s’unir pour un projet de quatre ans. Objectif, réduire la mortalité et la morbidité liées à la drépanocytose, et améliorer les conditions de vie des malades. Et c’est depuis 2015 que le programme est actif au Cameroun. Avec pour première action, le renforcement du dépistage des enfants.

La drépanocytose encore appelée « anémie falciforme », est une maladie génétique héréditaire qui s’attaque aux globules rouges (hématies). Présent dans l’organisme depuis la naissance, le gène est reçu des parents drépanocytaires (AA) ou porteurs dudit gène (AS).
Au Cameroun, environ quatre mille personnes meurent chaque année de la drépanocytose. Dans le monde, ils sont environ 50 millions de personnes atteintes par la maladie. Plus alarmant, en moyenne la moitié sur deux cent mille n’atteint pas l’âge de 5 ans. Si jusqu’ici la drépanocytose n’a pas de traitement à titre curatif, les spécialistes recommandent le test d’hémoglobine des couples avant les unions, afin de visualiser la possibilité ou non de faire un enfant drépanocytaire et vivre quotidiennement avec une épée de Damoclès, en attendant la faucheuse, car Le groupe électrophorèse AA, AS ,SS sont les groupes qui déterminent si vous êtes drépanocytaires ou porteur du gène de la drépanocytose. On ne peut le savoir qu’en faisant un dépistage par une prise de sang, en demandant le test électrophorèse.
Même si on peut saluer l’action du gouvernement et des associations dans la lutte contre la drépanocytose, l’heure est toutefois à la sensibilisation.