Chaque 2 avril, la Journée mondiale de sensibilisation à l’autisme rappelle l’importance d’une meilleure compréhension de ce trouble neurodéveloppemental
En Afrique, le dépistage et l’acceptation des personnes autistes restent des défis majeurs en raison du manque d’informations, de la stigmatisation et des croyances culturelles profondément ancrées. L’autisme, ou Trouble du Spectre de l’Autisme (TSA), est une condition qui affecte la communication, les interactions sociales et le comportement. Contrairement aux idées reçues, ce n’est ni une maladie mentale ni un trouble causé par un manque d’éducation parentale, mais une différence neurologique nécessitant un accompagnement adapté.
Le dépistage précoce en Afrique est entravé par plusieurs facteurs. D’abord, le manque de ressources médicales et éducatives empêche un diagnostic rapide, car peu de centres spécialisés et de professionnels sont disponibles. Ensuite, certaines croyances culturelles assimilent l’autisme à une malédiction, poussant les familles vers des guérisseurs traditionnels au lieu des spécialistes, retardant ainsi une prise en charge efficace. De plus, le coût élevé des soins, comme les thérapies comportementales et l’orthophonie, rend leur accès difficile, en l’absence de couverture sociale adaptée. Enfin, la méconnaissance du trouble chez les parents et enseignants retarde souvent l’intervention précoce, essentielle au développement des enfants autistes.
L’acceptation sociale des personnes autistes constitue un autre défi. Elles sont souvent exclues des systèmes éducatifs classiques et du marché du travail en raison d’un manque d’infrastructures adaptées et de préjugés. Il est courant d’entendre que les autistes ne peuvent ni apprendre ni travailler, alors qu’avec un accompagnement adéquat, certains excellent dans divers domaines comme les sciences, les arts ou l’informatique. D’autres mythes persistent, comme l’idée que l’autisme est causé par la sorcellerie ou un mauvais comportement parental, alors qu’il s’agit d’un trouble neurodéveloppemental aux causes biologiques et génétiques.
Pour bâtir une société inclusive, il est urgent de sensibiliser et d’éduquer les parents, enseignants et professionnels de santé sur l’autisme. Le développement de centres spécialisés et la formation de personnel qualifié amélioreront le diagnostic et l’accompagnement. L’intégration scolaire et professionnelle doit être renforcée en adaptant les environnements pour permettre aux autistes de s’épanouir. Enfin, il faut déconstruire les tabous et promouvoir des témoignages inspirants qui valorisent leurs réussites.
L’autisme ne doit plus être une fatalité en Afrique. En accélérant le dépistage, en combattant les idées reçues et en adoptant des politiques inclusives, nous pouvons offrir aux personnes autistes une chance d’exprimer pleinement leur potentiel. Ensemble, faisons de la diversité une richesse et non un obstacle.